Le Mali prend les rênes du Conseil des ministres de l’Autorité du Bassin de la Volta

La huitième session ordinaire du Conseil des ministres de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV) vient de se tenir à  Bamako au Mali, après sept ans d’interruption. À l’issue des travaux, la présidence tournante de l’institution a été transmise au Mali, qui succède ainsi au Ghana.
 

Le dialogue ministériel autour du bassin de la Volta est relancé. Le 16 octobre 2026, les ministres de l’eau du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo et du Mali, ainsi que plusieurs autres personnalités, se sont réunis à Bamako au Mali, pour  la huitième session ordinaire du Conseil des ministres de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV). Cette rencontre intervient sept ans après la septième session ordinaire, qui s’est tenue en 2019 à Accra au Ghana.

Les échanges ont surtout été motivés par la conviction fondamentale selon laquelle les ressources naturelles communes ne doivent pas être «des sources de rivalité, mais des leviers de rapprochement, de stabilité et de développement» au bénéfice des populations. C’est à cet effet que l’appel à une gestion concertée des ressources du bassin de la Volta a à nouveau été lancé. Le bassin fluvial, partagé entre six pays, couvre une superficie d’environ 400 000 km2 allant de la zone côtière à la zone semi-aride des savanes, dont dépendent directement ou indirectement les populations ciblées.

Le Mali chapeautera les opérations de main de maître. C’est le pays d’Afrique de l’Ouest qui a pris la présidence du Conseil des ministres à l’issue de la rencontre de Bamako, succédant au Ghana, tandis que la Côte d’Ivoire occupera le poste de directeur exécutif et le Togo celui de directeur exécutif adjoint. Quand aux mandats des autres responsables, ils ont été prolongés jusqu’au 31 mars 2027 pour faciliter la transition.

Le Mali prend les rênes d’une institution face à des défis majeurs

Les ministres des six pays membres ont approuvé les budgets de l’institution pour 2026 et 2027, fixés respectivement à 3,037 milliards de francs CFA (plus de 5 millions d’euros) et 2,575 milliards de francs CFA, près de 4 millions d’euros. Ils ont également demandé l’élaboration d’un plan d’apurement des dettes de l’ABV avant le 31 décembre 2026.

Les autres défis auxquels il faudra faire face sont la pression démographique et la surexploitation, les changements climatiques et les risques naturels, la dégradation des sols et des terres menant à l’ensablement des canaux du fleuve, la prolifération des mauvaises herbes aquatiques particulièrement dans les extensions inférieures du Bassin et jusqu’à récemment encore, l’absence d’arrangements formels, légaux et institutionnels pour la coordination et la gestion de son eau et des autres ressources naturelles.

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C’est pour répondre aux besoins de coordination et de coopération dans la gestion transfrontalière des ressources en eau du bassin de la Volta que l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a initié en avril 2004, le « Projet d’Amélioration de la Gouvernance de l’Eau dans le bassin de la Volta, PAGEV » qui  vise à associer les deux pays du bassin, le Burkina Faso et le Ghana qui partagent à eux seuls, 85% de la surface totale du bassin, afin de les amener à s’accorder sur des principes clés de la gestion des ressources en eau et de définir un cadre de collaboration pour la gestion de ces ressources.

Une session extraordinaire du Conseil des ministres de l’Autorité du Bassin de la Volta est prévue au Togo avant le 30 juin 2027. La neuvième session ordinaire se tiendra au Ghana en octobre 2027.

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Inès Magoum
Inès Magoum
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