Cette dynamique s’inscrit dans une vision portée par le Roi Mohammed VI, qui place l’agriculture et l’eau au cœur de la stratégie d’influence africaine du Royaume. Une stratégie fondée sur l’expertise, la confiance et la proximité. Depuis plusieurs années, des dizaines d’accords de coopération ont été conclus avec des pays du Sahel, d’Afrique de l’Ouest et de l’Est, visant à offrir des solutions concrètes aux enjeux de sécurité alimentaire et de maîtrise des ressources naturelles.
Le Maroc capitalise sur son parcours de modernisation agricole engagé avec le Plan Maroc Vert, puis poursuivi avec la stratégie Génération Green. Cette trajectoire repose sur l’amélioration de la productivité, la valorisation des filières, l’emploi rural, l’irrigation intelligente et la durabilité. Elle sert désormais de modèle pour d’autres pays africains confrontés à des défis similaires. Le Royaume partage ainsi son savoir-faire en matière de mécanisation adaptée, d’agriculture de précision, de gestion coopérative ou encore de régulation des marchés.
Un acteur clé de cette coopération est le Groupe OCP. Présent dans plus de 16 pays, le leader mondial des engrais déploie des solutions sur mesure adaptées aux spécificités des sols africains. Il soutient les petits producteurs grâce à la distribution d’intrants à prix accessibles, à des plateformes de services mobiles et à des programmes de formation. L’objectif : favoriser une agriculture africaine plus productive, plus autonome et plus respectueuse de l’environnement.
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Dans le domaine de l’eau, le Maroc partage son expertise en irrigation goutte-à-goutte, en réutilisation des eaux usées et en mobilisation des ressources hydriques non conventionnelles. Des projets de coopération hydraulique sont menés avec des pays comme la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, le Niger, le Burkina Faso ou la Côte d’Ivoire. Ce transfert de compétences est porté par le ministère de l’Équipement et de l’Eau, des sociétés publiques comme l’ONEE, ainsi que des opérateurs privés marocains.
La formation constitue un pilier de cette coopération. L’Agence Marocaine de Coopération Internationale (AMCI) joue un rôle central en accueillant des milliers d’étudiants africains dans les institutions marocaines de formation supérieure et technique, notamment à l’IAV Hassan II, à l’INRA, à l’ENA de Meknès ou dans les écoles spécialisées en ingénierie hydraulique et agroéconomie. Elle coordonne également des missions d’expertise, des projets de terrain et des programmes de renforcement de capacités.
Au-delà des échanges bilatéraux, le Maroc s’engage également dans des initiatives de coopération triangulaire avec des organismes internationaux tels que la FAO, le FIDA ou ONU-Eau. Ce positionnement permet au Royaume de jouer un rôle de facilitateur en valorisant l’expertise du Sud au service du Sud, dans une logique de solutions africaines aux défis africains.
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Dans les régions sahéliennes, où l’insécurité alimentaire, la dégradation des terres et l’instabilité socio-économique sont particulièrement préoccupantes, la coopération marocaine prend une dimension stratégique. Elle contribue à prévenir les crises humanitaires et migratoires en renforçant la résilience des systèmes agricoles locaux.
Le Maroc incarne ainsi une nouvelle forme de diplomatie du développement, fondée sur la mutualisation des connaissances, le partage d’expériences et le soutien aux capacités locales. Par cette approche intégrée et pragmatique, il participe activement à la construction d’une Afrique plus résiliente, plus souveraine et plus solidaire.
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