Les perspectives de production de l’hydrogène vert suscitent un intérêt grandissant auprès des industriels et des institutions internationales. Selon le rapport Africa’s Extraordinary Green Hydrogen Potential, commandé par la Banque européenne d’investissement (BEI), l’Alliance solaire internationale et l’Union africaine (UA), avec le soutien de l’État mauritanien, d’HyDeal et de CGLU Afrique, publiée en décembre 2022, l’Afrique pourrait produire jusqu’à 50 millions de tonnes d’hydrogène vert d’ici 2035, permettant une réduction de 40 % des émissions de carbone sur le continent. Elle serait même en mesure d’approvisionner le marché mondial à hauteur de 25 millions de tonnes d’hydrogène vert, soit 15 % du gaz utilisé dans toute l’Union européenne (UE). « J’ai appris énormément (pendant cet évènement) : que ça allait coûter très cher et que ça prendrait du temps (…) l’hydrogène est sûrement une solution. C’est un peu compliqué, on ne sait pas trop où on va (…) Capter le CO2 n’est pas si simple, ni même construire des réservoirs (de stockage) », déclarait Daniel Nahon, le fondateur des Tables rondes de l’Arbois et de la Méditerranée, à la clôture de l’évènement.
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Cette perspective enthousiasmante alimente les débats entre experts. Les opérations médiatiques comme l’illumination de la Tour Eiffel via l’hydrogène décarboné en 2021, tout comme les ambitions européennes sur fond de rivalités énergétiques franco-allemandes, entretiennent l’engouement général. Le gouvernement mauritanien et l’entreprise britannique Chariot annonçaient en mai dernier, la création d’un site de production d’une capacité de production d’hydrogène renouvelable de 10 GW (Projet Nour). Dans le nord du pays, le projet Aman de l’opérateur australien CWP Global compte investir 40 milliards de dollars pour développer une production d’hydrogène de 1,7 million de tonnes par an.
Dans le sud du continent, la Namibie annonçait en 2021, un projet de 9,4 milliards de dollars, pour générer 2 gigawatts d’électricité renouvelable pour les marchés régionaux et mondiaux. L’année suivante, l’Afrique du Sud présentait ses plans pour soutenir un pipeline de projets d’hydrogène vert d’une valeur de 17,8 milliards de dollars sur les dix prochaines années.
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À ce jour, seulement 4 % de la production mondiale d’hydrogène vient de l’électrolyse (hydrogène vert), contre 4% du charbon, 7 % du pétrole et 85 % du gaz naturel méthane. Toutefois, la production de l’hydrogène vert progresse, sur fond de pression climatique, de conjoncture gazière internationale incertaine et à grand renfort de subventions internationales. En Afrique, sa production pourrait atteindre 4 millions de tonnes en 2030 (contre 10 000 tonnes en 2022), d’après le cabinet Rystad Energy.