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LIBYE-ALGÉRIE-TUNISIE : les pays coopèrent pour une exploitation équitable des eaux du Sahara

Alors qu’elles ont en partage un système aquifère dans le nord du Sahara, la Libye, l’Algérie et la Tunisie se sont accordées le 29 avril 2026 sur une exploitation équitable et durable de cette réserve d’eaux souterraines de plus de 40 000 milliards de mètres cubes.

par Inès Magoum
Accord tuniso-libyen-algérien pour le renforcement de la gestion des eaux souterraines du Sahara

Le 29 avril 2026, la Libye, l’Algérie et la Tunisie ont signé la Déclaration de Tripoli. C’était lors d’une première réunion de concertation tenue en Libye sur l’importance d’un renforcement de la coordination et des échanges pour garantir une exploitation équitable des eaux souterraines situées dans la partie nord du Sahara, à cheval sur les trois pays. Il s’agit des réserves d’eau douce non renouvelables, estimées à plus de 40 000 milliards de mètres cubes d’eau fossile (62 % sur le territoire algérien, 30 % en Libye et 8 % en Tunisie).

Cette réunion intervient deux ans après une entente, en avril 2024, entre les présidents tunisien Kaïs Saïed, algérien Abdelmadjid Tebboune et Mohamed el-Menfi, le chef du Conseil présidentiel libyen, pour créer un « mécanisme de concertation » afin de gérer le partage de cette ressource.

Sur la base de modèles mathématiques, «chaque pays se verra attribuer une quote-part. Les niveaux des eaux seront suivis ainsi que les autres risques comme la pollution», a expliqué à l’AFP Hussein al-Talou, chef de la recherche au ministère des Ressources hydriques libyen. «La gestion et le suivi seront assurés conjointement par les trois pays», selon lui. L’Algérie a pris la tête de la présidence tournante de cet organe consultatif pour trois ans.

Un accord pour prévenir une situation conflictuelle

Ces eaux ont été accumulées à partir des reliefs centraux du Sahara, jouant un rôle de château d’eau, ou par infiltration, il y a des milliers d’années – voire des centaines de milliers d’années – lorsque le climat de la zone était plus humide. 

Le système aquifère du nord du Sahara@Association Goutte D’Ô

Mais, avec la raréfaction des pluies en raison du changement climatique et les besoins croissants des populations, il y a désormais un déséquilibre entre recharge et décharge de ces stocks d’eau et donc un épuisement progressif de la ressource, avec un impact négatif sur la production agricole entre autres. Une bonne maîtrise de la gestion de ces eaux souterraines est donc essentielle pour contenter toutes les parties et éviter les tensions, comme celles qui existent entre l’Égypte, l’Éthiopie et le soudan depuis 2011, principalement sur la gestion des eaux du Nil bleu.

Reste la mise en œuvre de cet accord, porteur d’espoir pour la Libye, l’Algérie et la Tunisie.

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